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TORTURE DANS L'ARMÉE RUSSE, LE COMBAT DES MÈRES



En Russie le service militaire est obligatoire et dure deux ans. L'armée doit recruter environ 300 000 conscrits chaque année. Les enfants de la classe aisée peuvent facilement échapper à cette obligation, la corruption existant à tous les niveaux. Pour respecter les quotas on recrute des jeunes inaptes et on procède jusqu'à la chasse au jeune dans le métro, la rue, et même dans les universités. Pour tous ces jeunes le service militaire est un calvaire qu'on ne peut imaginer de nos jours dans des armées de pays démocratiques.

On estime à 3 000 le nombre de morts par an dans l'armée russe hors situation de combat. Certains appelés sont battus jusqu'à l'article de la mort par des officiers qui restent impunis; d'autres sont vendus comme main d'oeuvre qui rappelle la traite négrière... La déchéance de cette situation fait que les jeunes se battent entre eux, les plus faibles sont rackettés et humiliés par les plus forts. Ces mauvais traitements et sévices sont si graves que l'on peut les qualifier, sans hésitation, de torture. Pour toutes ces raisons il y a un nombre considérable de déserteurs. Cette situation s'aggrave chaque année, envenimée entre autre par le conflit en Tchétchénie.

Depuis quelques années, une association s'est créée et se bat pour venir en aide à tous ces jeunes et à comme but de mettre fin à ce système.

Madame Ella Poliakova, co-fondatrice de l'Organisation des Mères des Soldats de Saint-Pétersbourg travaille avec des bénévoles pour dénoncer ces atrocités, informer les familles et s'occuper des déserteurs qui seraient automatiquement repris par l'armée, jugés, punis et envoyés en bataillon disciplinaire.

Les mères des enfants disparus à l'armée, sans nouvelles d'eux depuis des mois, n'ont que cette organisation comme seul recours pour essayer de retrouver leurs fils, qu'ils soient morts ou vivants.




Reportage réalisé en 2006 et 2007 à Saint-Pétersbourg.





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